Le Projet

Donner une tribune, à celles et ceux qui ont vécu l’émigration vers la France est l’objectif d »E-migras? ».

L’histoire se répète

Qu’est ce qui n’a pas encore été dit sur les Portugais en France?
Parfois qualifiée de « communauté silencieuse* » ceux qui sont arrivés pour fuir la guerre coloniale et la misère résultantes de la dictature salazariste qui a duré plus de 50 ans, sont nos parents, nos grands-parents.
Et qu’en savent les plus jeunes générations ?

A cinquante ans d’intervalle, un phénomène se reproduit:
l’exil massif des Portugais au sein même de l’Europe.

Après l’émigration massive de plus de 1,2 millions de personnes pendant la dictature de Salazar ( dont 900 000 en direction de la France sur la période 1957-1974), une nouvelle vague de départs s’est amorcée en réponse à la crise économique de 2008 qui a touché l’Europe.
Plus de 500 000 personnes ont quitté le Portugal : ils sont étudiants, jeunes diplômés ou actifs, travailleurs détachés, ou employés du secteur tertiaire.

En France aujourd’hui,  il est impossible de dénombrer  ceux qui ont fait le choix de quitter le pays ou l’ont fait par nécessité de rembourser leurs dettes.

Une revendication identitaire

Parallèlement observer un besoin croissant de revendication d’appartenance  à une communauté de la part des plus jeunes.
Nés en France, ils se sentent portugais, arborent fièrement le drapeau du pays, chantent l »hymne, participent  en nombre aux rassemblements de Pontault-Combault, de Créteil, soutiennent une équipe nationale de football qui n’est pas celle de leur pays de naissance, se disent portugais avant tout .
Que savent-ils réellement du Portugal que leurs aînés ont quitté?
Connaissent-ils l’histoire d’émigration de leurs aînés?

Le poids du silence

La dictature a instauré une véritable culture du non-dit. Par peur d’être entendu par des voisins susceptibles de les dénoncer, par appréhension d’être repéré comme opposant, il a longtemps été d’usage de taire.
Une chape de plomb s’est installé, et il est temps de la lever , d »entendre la parole de celles et ceux qui ont vécu cette émigration forcée, avec leurs mots, leurs voix.

Pour que les générations suivantes sachent, que transmission se fasse, pour ne pas oublier d’où l’on vient.

 

*(1) Terme extrait du livre de Manuel DIAS VAZ, La communauté silencieuse – Histoire de l’immigration portugaise en France.