Maria José, venue en 1963

fado, gaivota, emigration portugaiseMaria-José est arrivée légalement Gare d’Austerlitz en  juillet 1963 accompagnée de sa maman . Passionnée de fado, elle crée l’association Gaivota en 2000. En 2003, son mari et elle tentent l’expérience d’un retour au  Portugal qui se solde par un échec, ne travaillant pas et ne s’adaptant pas, elle prend la décision de rentrer s’installer en France en 2008. Elle retrouve alors le poste qu’elle occupait en tant que fonctionnaire à la ville, puis relance (fin 2014)  l’association qu’elle avait fondée grâce aux encouragements d’un ami en charge du festival international des musiques lusophones.

Maria-José n’ a pas gardé de souvenirs précis du  voyage qui la conduira en France, mais se rappelle de son arrivée et « d’attendre son oncle et son frère ,assise sur une valise, portant une robe jaune en nylon très vaporeuse, et voir les trains derrière moi ».
Ils allaient ensuite rejoindre la  Lorraine où vivait sa famille.

Venue enfant, elle a intégrée l’école et rapidement appris le français.

Son attachement à sa culture d’origine est important et s’est exprimé dans la transmission de sa langue maternelle à ses enfants, dans son lien musical entretenu et cultivé avec l’univers du fado. Au cours de sa vie, elle n’ pas spécialement cherché de contact avec la communauté portugaise présente en France: associations, culte .
C’est son goût pour la musique, les sonorités, le chant traditionnel qui la poussent à monter une association dédiée à cette musique typique  en 2000.

Extrait de l’interview du 09/02/2016.

 

 

Catarina, 31 ans venue en 2011.

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Catarina, 31 ans, infirmière.

Catarina  a grandi dans un village du Distrito de Viseu (Portugal), d’où ses parents sont originaires. Jusqu’à ce qu’on lui propose un poste d’infirmière en France en 2011, elle n’avait jamais songé à quitter son pays natal.

Elle se rêvait suivre les traces de son père, dont elle est très proche,  et rejoindre les effectifs de la police. Mais elle échoue une première fois  » à quelques pompes près lors de l’épreuve physique « .  Son destin prend alors  un premier tournant lorsqu’elle est amenée à prendre soin de sa grand-mère tombée malade et atteinte par la maladie d’Alzheimer.  Sa vocation se révèle, elle fait alors le choix d’intégrer l’université pour devenir infirmière.

Elle est arrivée en France au printemps 2011 après avoir activement cherché du travail au Portugal à l’issue de sa formation de 4 ans en école d’infirmière.
Déterminée et volontaire, elle a cherché un emploi pendant plus de 8 mois, persisté, et postulé dans plusieurs hôpitaux en dehors de sa région . Elle s’est rendue à Lisbonne, Porto, dans l’Alentejo et dans l’Algarve, où sa soeur aînée,  infirmière également, a trouvé un poste fixe. Sans succès.

A chaque fois, la réponse restait la même:   » votre CV plait, mais vous n’avez pas d’expérience » confie -t-elle. Elle s’est alors posée la question de proposer sa candidature à des entreprises qui plaçaient les infirmières en Suisse, ou en Angleterre. Mais finalement, l’opportunité s’est présentée avec une proposition d’embauche dans un hôpital parisien , par l’intermédiaire d’une entreprise espagnole basée à Bordeaux, qui plaçait les infirmières portugaises en France et son choix s’est porté sur un service de maternité dans un hôpital aux portes de Paris.  Cela fait 6 ans maintenant et elle avoue que les conditions d’exercice lui offrent une stabilité, une sécurité de l’emploi qu’elle ne trouverait pas, encore aujourd’hui, au Portugal.

Certains membres de sa famille ont émigré , dont son parrain -venu en France- et dont elle est restée proche. Elle a de la famille en région parisienne, mais vivre à l’hôpital pendant quelque temps lui a aussi donné la chance de rencontré d’autres infirmiers , venus comme elle pour travailler en France, et se créer une nouvelle famille d’amis.

« Avec eux, je suis comme à la maison, je me sens bien, je suis à l’aise, on est comme une petite famille. « confie-t-elle.

Extrait de l’interview réalisée le 12 Octobre 2017  » Ser enfermeira em França »